Ancien participant et co-responsable du d'un parcours AlphaLive, à Lens

Parcours Alpha, témoignage de Louis-Joseph

Retrouvez le numéro 2 du journal Ren’Contrée-Vous où paraît l’article en page 6

« Le parcours Alpha répond aux questions que se posent les personnes désirant approfondir leur foi chrétienne en abordant un thème important chaque semaine, de manière très conviviale autour d’un repas. Toute personne peut y participer: du grand érudit religieux, au sceptique, en passant par le fidèle paroissien. Vraiment chaque participant apporte à l’autre de par sa façon de penser, ses connaissances, son parcours, son milieu culturel… L’Église est un lieu où chacun à sa place, où l’on se sent bien, où l’on forme une communauté bienveillante et où l’on apprend les uns des autres afin de cheminer ensemble sur le sentier personnel de la foi. Le parcours Alpha en est un très bon exemple. »

Ils sont revenus vivants de la mort

Témoignage de Frédéric et Christophe

Retrouvez le numéro 2 du journal Ren’Contrée-Vous où paraît l’article en pages 4-5

Frédéric et Christophe ont chacun fait une expérience mort imminente (EMI). Un évènement qui a marqué leur existence, changeant leur relation avec eux-mêmes, avec les autres, avec Dieu. Ils en témoignent à l’approche de la fête de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ, promesse de vie éternelle.

Leurs histoires sont différentes, mais tous deux sont unanimes: il s’agit de l’expérience la plus marquante de leur vie. Les deux habitants de Lens, ayant chacun leur propre famille, ont vécu ce périple inachevé qui garde une part de mystère.

L’expérience de mort imminente (EMI) est « un événement psychologique profond avec des éléments transcendantaux et mystiques survenant chez des individus proches de la mort », selon la définition de Bruce Greyson, professeur émérite de psychiatrie à l’université de Virginie (États-Unis), qui a travaillé sur les EMI.

Un amour extraordinaire

Christophe Bador l’a vécue en 2006, le jour de Pâques. Ce médecin psychiatre, aujourd’hui retraité, est alors de garde à l’hôpital. Un accident cardiaque le plonge pendant une vingtaine de minutes dans un «état d’inconscience complète». Autour de lui, les infirmières s’activent pour le réanimer, tandis que le SAMU tarde à intervenir.

«Je me suis retrouvé dans un monde étonnant, étrange, dans lequel les choses étaient très différentes de ce qu’elles sont d’habitude», se souvient Christophe, avant de souligner «l’immensité de l’amour dans lequel j’évoluais ou dans lequel j’étais plongé. Il y avait un amour infini. Ce monde était d’un réalisme au-delà de ce que j’avais connu, explique-t-il aussi. Ma vie a défilé, avec une intensité, une précision, un rappel des faits totalement impressionnant, de sorte que j’avais l’impression de vivre en réalité. J’avais le sentiment de comprendre tout ce qui m’était arrivé, tout ce que j’avais fait de bien ou de mal. C’était une vie essentielle, c’était «LA» vie». Lors de ce rappel de son existence, «à chaque fois qu’il était analysé quelque chose de malheureux, une bêtise, une erreur, il y avait cette immensité d’amour qui me disait que c’était pardonné».

Quant à Frédéric Fischer, c’est à 18 ans qu’il est conduit aux portes de la mort. Suite à une mauvaise chute sur une structure métallique au bord d’un lac de plaine, il est hospitalisé au Sierre puis au CHUV pour une gangrène gazeuse – une infection potentiellement mortelle. Il doit subir une quinzaine d’opérations, et son pronostic vital est engagé durant un mois et demi. Un jour où ses parents lui rendent visite, il se «sent partir» et «se retrouve au-dessus d’un corps qu’il n’identifie pas immédiatement comme le sien». Puis il se reconnaît, observant depuis les hauteurs la scène de panique qui se déroule dans sa chambre, avec ses parents et le personnel médical autour du jeune homme mourant.

Frédéric éprouve quant à lui une «sensation de plénitude, de joie profonde, de sérénité totale» et «un amour inconditionnel, qui n’est pas humain». Puis il se retrouve dans une «lumière incroyable, d’une très grande puissance, mais pas aveuglante».

Pour Christophe et Frédéric, les mots ne suffisent pas à rendre compte de cette expérience hors-normes. Mais pourquoi sont-ils revenus dans leur enveloppe charnelle, sur une terre où tout semble plus fade?

Un retour à contrecœur

 «Je ne voulais pas revenir à cette perception externe, je voulais rester, et une voix m’a dit – nette, claire, précise – «tu  n’as pas terminé»», explique Christophe. «La voix a redit «tu n’as pas terminé», de manière ferme, affectueuse, mais très autoritaire. La perception du monde extérieure était de plus en plus nette, et je voulais rester, mais la voix a dit une troisième fois «tu n’as pas terminé». J’ai ouvert les yeux, tout avait disparu. J’ai regardé autour de moi et dit «tout va bien». Les infirmières étaient stupéfaites. Je me suis assis. Je savais que tout allait bien, mais j’ai perçu que je revenais de loin», détaille le médecin.

Frédéric lui aussi a perçu une voix qui lui disait: «Tu ne peux pas rester là. Il faut choisir. Soit tu redescends, soit tu restes avec moi». «Je voyais mes parents pleurer, précise-t-il. J’avais conscience que j’étais en train de mourir. Il y a eu en moi une culpabilité, la dernière parcelle de l’ego, qui m’a rattachée à mon corps et à mon existence terrestre. Je me suis senti coupable de partir en laissant mes parents dans cet état». Le jeune homme d’alors aurait voulu redescendre, rassurer les siens et repartir, mais ce n’était pas possible. Il est donc «revenu dans ce corps». «Je me suis réveillé avec une sensation un peu étrange. C’est une expérience qu’on a de la peine à retranscrire. Mes proches n’avaient pas d’ailleurs envie de l’entendre, ni le chirurgien». 

Une expérience analysée par ces «survivants» et accueillie par leurs proches qu’au fil des années: Christophe et Frédéric s’accordent sur ces aspects, tout comme sur le bouleversement introduit par un instant passé entre ciel et terre.

Un autre regard sur l’existence

Frédéric cherche longtemps «à revivre cette expérience, non pas par une envie de mourir, mais de retrouver cet amour total, cette lumière, cette conscience qui n’est pas associée à l’ego». Habiter son propre corps lui est difficile, tout comme ses relations avec les femmes où le souvenir de cet absolu suscite la déception. Après ses trente ans, il commence à mieux s’intégrer dans la société et à moins idéaliser les personnes. Par son travail de sculpture, il parvient aussi à matérialiser son expérience qui s’intègre plus paisiblement à son être.

«Après cela, j’ai appris à être doux ou bienveillant», confie quant à lui Christophe, auparavant «très exigeant avec [lui]-même et avec autrui». «Les infirmiers de mon service m’ont dit «vous avez énormément changé. Vous êtes le même, mais vous êtes bon, vous êtes gentil, vous vous préoccupez de ce que nous vivons»», se souvient-il, avant d’évoquer de nombreuses «intuitions» vis-à-vis de ses patients, signe d’une sensibilité plus aiguisée.

L’EMI vient aussi changer leur vie spirituelle. «Cette expérience a été centrale pour me rappeler que l’éternité existe, que dans l’éternité quelqu’un nous attend. Je suis incapable de formuler qui est ce «quelqu’un». Il est simplement doué d’un amour gigantesque qui dépasse tout», affirme Christophe.

Frédéric cherche quant à lui des explications auprès des traditions indiennes et de chamans, mais ces derniers le renvoient au christianisme. ««Tu as déjà toutes les réponses chez toi, dans ta culture, ta religion», m’ont-ils dit. Cela m’a interpellé». Même s’il ne l’a pas vu, il comprend que le Christ est ce «pur amour», et que la résurrection du Christ est cet «être nouveau, qui abandonne une conscience limitée». Il apprend aussi l’abandon, à l’opposé du «pouvoir du mental et de la volonté». «J’oscille entre la quête de revivre cet état de grâce, et la conscience qu’à un moment il faut accepter, lâcher, s’en remettre à Dieu», explique-t-il.

Les deux hommes n’ont plus peur de la mort, simple passage pour l’âme immortelle. «J’ai vu que chacun était estimé, pesé, jugé peut-être, selon ses mérites et selon ses capacités et ses incapacités. Et que la vie ne s’arrête pas là quand on ferme les yeux définitivement», assure Christophe.

«Le jour où un de mes proches décède, j’essaierai d’être heureux pour lui, car il va vivre une expérience incroyable, si ce n’est la plus belle expérience de sa vie, ajoute Frédéric. Si on perçoit la grâce, la chance exceptionnelle que c’est de vivre ce moment-là en paix, entouré des siens, je pense que c’est une étape magnifique, autant pour ceux qui partent que pour ceux qui restent». Un message qui annonce la lumière de Pâques.

Chanteur au chœur d'hommes depuis 8 ans, chantre en paroisse depuis 25 ans

Témoignage de Frédéric

an open book with musical notes on it

Retrouvez le numéro 1 du journal Ren’Contrée-Vous où paraît l’article en page 5

« La musique est un moyen de communication différent de la parole, elle touche donc les personnes différemment. Pendant la messe, en plus de servir merveilleusement la liturgie, elle établit de manière quasi instantanée un canal de communion avec l’assemblée, et permet de rentrer davantage dans l’intimité avec le Christ. Je l’ai ressenti lors des messes célébrées durant la pandémie de covid. Le chant participe à une dimension d’intériorité. Il a cette capacité extraordinaire de porter les personnes par les harmonies, les sons. Parfois, la musique suscite aussi des conversions, car elle met l’âme face à Dieu, en particulier dans les chants de louange.

La beauté est essentielle ! Elle guide le mouvement musical et l’attention intérieure. Le chanteur n’est que le serviteur, le porte-parole de ce qui doit être dit. Le chanteur s’efface, et doit permettre plus d’intériorisation chez celui qui écoute. Au-delà du talent reçu, et redonné, il faut garder une attitude de pauvreté intérieure.

Souvent les gens me disent merci, c’était beau, cela nous a aidé à prier. C’est réconfortant d’entendre cela, c’est le plus beau des cadeaux. Si le chant permet d’être plus intime avec Dieu, l’objectif est atteint ! La musique ouvre à une démarche de sanctification. Avec la louange c’est puissant, car elle permet de sortir de soi-même et de se libérer par le chant.

Merci Seigneur de m’avoir donné une voix pour te louer, pour te chanter ! »